Une nouvelle autrice de science-fiction traduite en France, ça m’intéresse souvent, donc, c’est parti à la découverte de la saga La constellation des ombres, écrite par Bethany Jacobs et publiée chez Nouveaux Millénaires. La traduction est de Patrick Duchesne.

La paix, sous la Parentèlité. L’unité, dans le Treble.
Telle est la mission des trois Mains, celle que tout Ecclésiaste, Ombre ou Secrétaire se doit de respecter pour maintenir l’ordre dans ces systèmes stellaires.
Mais lorsque apparaît sur le marché noir une pièce mémorielle impliquant dans un génocide la famille la plus puissante du Treble, le chaos menace.
Chono et Esek, deux des membres les plus brutaux de la Parentèlité, sont alors chargées de trouver cette preuve pour la détruire. Leur traque les mènera jusqu’à l’énigmatique Six, un être insaisissable issu de leur passé, qui n’a pas fini de les manipuler…
Le jour du souvenir est non seulement la première parution en France de Bethany Jacobs, mais également son premier roman. Il est suivi du deuxième tome, déjà sorti, Le jour de l’expiation. Il a obtenu le prix Philip K. Dick en 2024.
L’univers n’est pas le plus développé qu’on connaisse : nous sommes dans un futur lointain, dans le Treble, espace gouverné par la Parentalité, un ensemble de trois groupes hiérarchiques : Eclésiaste, Ombre et Secrétaire. Bien évidemment, chacun de ses groupes compte des membres de familles régnantes, et les jeux de pouvoir ne sont jamais bien loin. On apprendra également assez vite l’existence des Jeveni, un peuple exploité par le Treble.
L’histoire commence en nous faisant découvrir Esek, une Ombre qui sème la terreur dans son sillage, et qui, avouons-le, n’est pas franchement sympathique. Ensuite, Chono. La jeune femme est une ancienne disciple d’Esek, devenue Ecclésiaste, plus humaine que son ancienne maîtresse mais tout autant capable de brutalité. Pour finir, Jun, une hackeuse incroyablement douée.
L’intrigue est simple : une pièce mémorielle prouvant l’implication des Nightfoot, la famille d’Esek, dans un terrible génocide quelques décennies plus tôt, a été dérobée et circule sur le marché noir. Esek, accompagnée de Chono, est chargée de la récupérer et de sauver par là même la réputation de sa famille. De l’autre côté, Jun doit rencontrer des pirates pour un achat de pièces mémorielles….
Bien vite, on rencontrera également à travers les souvenirs d’Esek et de Chono, Six, élève dans l’école qui forme les futurs membres de la Parentalité. Cette école ne fait pas rêver : chaque élève est désigné par un numéro, et la maltraitance semble monnaie courante. A noter également que dans l’univers de Bethany Jacobs, chacun détermine librement son genre, sans considération du corps physique.
Avec Le jour du souvenir, une fois passé l’intégration à cet univers, on est vite dans un page-turner, une course contre la montre pour trouver cette fameuse pièce, et découvrir la vérité. Les rebondissements sont nombreux, d’autant plus qu’on navigue également dans les souvenirs de nos personnages. J’ai personnellement été hapée par ce récit et par les personnages principaux, certains marquants (coucou Esek), d’autres plus attachants.
Attention cependant, Le jour du souvenir est un roman où la violence et la maltraitance, y compris sur les enfants, sont monnaie courante. Sa lecture risque donc de ne pas convenir aux âmes sensibles. Le second tome, Le jour de l’expiation, est déjà sorti et dans ma PAL, et j’en attends beaucoup.
D’autres avis : Le rocher des livres, Outrelivres, Gromovar, ….