Sarah Gailey est une totale découverte pour moi, et à vrai dire, un craquage de dernière minute aux Utopiales. Mais le pitch du roman et son côté féministe m’ont tenté, donc c’est parti !

Esther est une passagère clandestine. Elle s’est cachée dans le chariot de livres des bibliothécaires pour tenter d’échapper au mariage que son père a arrangé pour elle – un mariage avec l’homme qui avait été fiancé à sa meilleure amie. Sa meilleure amie dont elle était amoureuse. Sa meilleure amie qui vient d’être exécutée pour possession de propagande de la résistance. Le futur du Sud-Ouest des États-Unis est rempli de bandits, de fascistes, et de bibliothécaires espionnes queer à cheval essayant d’arranger les choses. Elles sont prêtes pour la bagarre, et vous ? Une réinvention du Western pulp se déroulant dans un futur proche, explicitement antifasciste, sur les identités queer.
Sarah Gailey est une auteur.ice américaine, plusieurs fois finaliste pour le prix Locus, catégorie novella. Wanted : femmes intègres est sa première novella traduite en français, par les éditions Goater.
Ici, nous sommes dans un futur indéterminé, mais pas de vaisseaux spatiaux ou de ville flottante à l’horizon, mais plutôt ambiance western. Nous suivrons Esther, une jeune fille qui fuit un mariage forcé, et qui s’est retrouvée dans le chariot des Bibliothécaires. Les Bibliothécaires sont des femmes qui voyagent dans le pays, avec pour mission de transporter des « productions homologuées » de ville en ville.
On l’a compris, nous sommes ici dans un état totalitaire où la condition des femmes a pris un coup : on peut être exécuté.e pour possession de « productions non homologuées » ou de résistance quelconque, comme le fait la jeune Esther. On comprend assez vite que notre troupe de bibliothécaires n’est pas totalement ce qu’elle devrait être et est en fait dans la résistance.
Dans Wanted : femmes intègres, la magie n’est pas présente. On est sur une dystopie, et ce roman sans élément classique d’un roman futuriste pourrait presque ne pas être de l’imaginaire. Personnes allergiques au point médian et aux pronoms neutres, attention, ils sont bien présents ici. En revanche, l’ambiance western est très présente, et les courses poursuites sont au rendez-vous.
J’ai aimé découvrir avec Esther cette petite troupe, et voir la jeune fille grandir : on comprend petit à petit que son environnement était relativement protégé. Les bibliothécaires sont également bien loin de ce qu’on pourrait imaginer: des femmes fortes, aux doubles vies, contraintes au secret en raison de leur activité, mais aussi de leur identité de genre, orientations sexuelles, etc.