Accueil » Coup de coeur » Le Chien du forgeron de Camille Leboulanger

Le Chien du forgeron de Camille Leboulanger

Camille Leboulanger est un auteur français, dont j’avais reperé les romans il y a un moment de ça, mais c’est surtout Le Chien du Forgeron qui m’a convaincue de passer le pas. Il s’agit de son cinquième roman, publié aux éditions Argyll.

Approchez, approchez ! Alors que tombe la nuit froide, laissez-moi vous divertir avec l’histoire de Cuchulainn, celui que l’on nomme le Chien du Forgeron ; celui qui s’est rendu dans l’Autre Monde plus de fois qu’on ne peut le compter sur les doigts d’une main, celui qui a repoussé à lui seul l’armée du Connacht et accompli trop d’exploits pour qu’on les dénombre tous.
Certains pensent sans doute déjà tout connaître du Chien, mais l’histoire que je m’apprête à vous narrer n’est pas celle que chantent les bardes. Elle n’est pas celle que l’on se raconte l’hiver au coin du feu. J’en vois parmi vous qui chuchotent, qui hésitent, qui pensent que je cherche à écorner l’image d’un grand homme. Pourtant, vous entendrez ce soir la véritable histoire du Chien. L’histoire derrière la légende. L’homme derrière le mythe.
Approchez, approchez ! Venez écouter le dernier récit d’un homme qui parle trop…

Vous l’aurez compris d’après la quatrième de couverture, nous sommes ici invité.e.s à écouter un conteur nous parler de l’homme derrière la légende, le héros qu’est pour l’auditoire le Chien. Si le narrateur sera présent dans l’histoire qu’il nous conte, il n’en est pas le sujet principal. Asseyons-nous donc au coin du feu pour entendre l’histoire de Cuchulainn, dit le Chien !

Dans le royaume celte d’Ulster, Cuchulainn est d’ascendance noble, et même divine semblerait-il, du moins selon les dires de sa mère, convaincue qu’il est le fils du dieu Lug et promis à un grand destin. Fils unique d’un mariage sans amour, le jeune garçon est donc imbu de lui-même et de sa généalogie. C’est à 7 ans qu’il est surnommé le Chien, pour avoir tuer le chien du forgeron, tel la bête en lui.

Camille Leboulanger nous présente ici une figure de la mythologie celte que je ne connaissais pas, et remet les rêveurs et rêveuses à leur place : la légende est une chose, l’homme derrière en est une autre, et ici, il est détestable. D’une violence rare, traitant les femmes comme un bien à posséder, et incroyablement buté, convaincu de son destin à mourir au combat, dans la gloire, et peu importe le reste.

De mon point de vue, Cuchulainn ressemble fortement à une pierre qui déboule la pente vers le précipice, incapable de profiter de la branche sur le chemin pour ralentir sa chute. Et pourtant, le Chien m’a surtout inspiré de la pitié. Ses deux parents lui ont bourré le crâne dès le départ de son destin glorieux, on ne peut pas nier son excellence aux armes, mais non, il restera, même face à la mort terrible de son meilleur ami, sur sa route de gloire.

Camille Leboulanger nous propose ici une déconstruction du mythe du guerrier avec Le Chien du Forgeron, et c’est fort recommandable, avec une écriture ciselée très agréable,  surtout si vous aimez la mythologie celtique.

D’autres avis : Boudicca, Celindanaé, Yuyine, Tigger Lilly, Lorhkan, …

shaya

9 réflexions sur « Le Chien du forgeron de Camille Leboulanger »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page