La couverture est magnifique, mais sans conseil d’amis de « lis ça », je n’aurais probablement pas tenté ma chance avec Le livre des passages d’Alex Landragin, les boucles temporelles, ce n’est pas forcément ce qui m’attire le plus. Mais je l’ai lu, et c’est donc parti pour mon avis !

1791 : Un manuscrit relate une merveilleuse histoire d’amour, commencée sur une île lointaine pour se terminer à Paris… cent cinquante ans plus tard.
1865 : Peu avant sa mort, Charles Baudelaire est victime d’une étrange aventure. Il la raconte dans une nouvelle restée inédite, L’Éducation d’un monstre.
1940 : L’écrivain Walter Benjamin rencontre une femme mystérieuse au cimetière Montparnasse, qui lui demande de partir à la recherche de L’Éducation d’un monstre. Ses recherches le mènent à la société Baudelaire, présidée par Coco Chanel. Il découvre bientôt qu’un bon nombre de morts suspectes ont eu lieu dans les rangs de celle-ci. Alors que les nazis entrent dans Paris, il relate son enquête dans La Cité des fantômes.
De nos jours : un relieur parisien est missionné pour travailler sur les trois manuscrits précités par une riche cliente surnommée la baronne. Quand celle-ci est assassinée…
Il s’agit ici du premier roman d’Alex Landragin, auteur franco-arménien-australien. Le livre des passages a une première particularité : il peut se lire dans plusieurs sens. Tout d’abord, le sens classique, page 1 jusqu’à la dernière, soit en suivant les instructions de l’auteur et en faisant des sauts de page. J’ai choisi la première méthode.
Alex Landragin nous propose ici non pas un, mais trois récits. Le premier, un manuscrit inédit de Charles Baudelaire, L’éducation d’un monstre, La cité des ombres, de Walter Benjamin (aka le traducteur de Baudelaire), en 1940, et enfin le Conte d’un albatros, écrit à partir de 1791 par une jeune femme originine d’une île imaginaire dans le Pacifique, Onee.
Dans le premier récit, Baudelaire en exil à Bruxelles nous narre sa rencontre avec la comtesse Edmonde de Bressy, et leur aventure très étrange ensemble. Dans le second, Walter Benjamin est un juif allemand pris dans la débâcle de la guerre, à la recherche désespérée du dernier manuscrit de Baudelaire, puis son implication dans une sombre histoire de meurtres où les victimes sont énuclées et dans une société secrète présidée par Coco Chanel….
Le dernier récit enfin, nous raconte une histoire d’amour, et la découverte d’une île du Pacifique par les Européens. Leur people pratique ce qu’ils appellent le passage, une sorte de transfert d’âme, mais lors d’une soirée tragique, l’amant d’Aluha, Koahu, va se retrouver inextricablement lié à un étranger.
Le livre des passages n’est toujours simple à suivre, surtout à son démarrage, mais l’auteur nous permet avec talent de découvrir différentes époques très différentes. On notera également l’originalité de la proposition de lecture à deux sens (non, je n’ai pas prévu de tester le deuxième). Peut-être craignez-vous la diversité des personnages principaux : pas de panique, il est assez facile de s’y retrouver et de s’y attacher.
Si bémol il doit y avoir, il est très personnel, et c’est de ne pas mieux connaître Baudelaire et toutes les références liées à cette époque, car je suis certaine d’en avoir raté un bon paquet !
Je ne suis pas friande des histoires d’amour, et n’ai pas vraiment lu ce roman comme tel (ou alors à sens unique ?), mais sa construction et les personnages fonctionnent très bien. La proposition faite par Le livre des passages est plutôt originale et m’a beaucoup plu, donc, je recommande !
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