Membrane, de Chi Ta-wei

Membrane est un roman qui m’a intéressé des les premières chroniques de blogueurs, notamment à cause de sa thématique LGBT, qui me tient à cœur. Malheureusement, ce roman ne se trouve pas facilement en librairie, probablement parce qu’il s’agit d un roman asiatique et LGBT.

Nous suivons Momo, jeune femme d’une trentaine d’années, esthéticienne de renom. Cependant, malgré sa réputation, Momo a choisi une vie très simple et retirée du monde. Elle vit dans une Terre devenue marine suite à une catastrophe écologique, et nous découvrirons assez vite que, malade enfant, elle a eu une transplantation de nombreux organes, et n’a plus de contact avec sa mère.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’un des thèmes principaux du récit : nous découvrons une petite fille qui s’estime négligée par sa mère, travailleuse acharnée, et qui lui en garde rancune. Le reste de la famille de Momo n’est évoquée qu’à travers l’histoire de sa naissance, avec son autre mère. Le passé de Momo a également une grande place ici : quelques incohérences entre ses souvenirs et ceux de sa mère apparaissent progressivement.

Enfin, parlons Membrane, ce qui a donne son nom au récit. Pour son travail d’esthéticienne, Momo en utilise sur ses patients, et peut à travers cette étrange technologie vivre la vie de ses patients. Cependant, la membrane, l’élément SF du texte, est finalement assez peu présente, n’apparaissant que vers le milieu/fin.

Parlons enfin du thème LGBTQA (Lesbiennes, Gay, Bisexuels, Transgenre, Queer, Asexuels) . Dans l’univers qui nous est présenté, l’homosexualité apparaît comme normale, dans le sens où tous les personnages n’y prêtent aucune attention : l’histoire de la naissance de Momo le prouve bien. Le changement de sexe sera aussi abordé, et c’est tant mieux. Soyons clairs : en littérature, le thème du transgenre apparaît rarement, bien que l’on croise aujourd’hui de nombreux personnages gay/lesbiennes/bi. Il est assez appréciable dans ce texte que les interrogations de Momo portent sur elle-même, et non sur son genre : en effet, la société présentée ne semble plus réellement accorder d’importance au genre, et les discriminations gommées.

En réalité, ce roman est très difficile à classer : l’univers laisse transparaître quelques éléments de science-fiction, mais le coeur du texte concerne la relation entre Momo et sa mère, et la relation de Momo à son corps. Son thème et son écriture en font un coup de coeur pour moi, mais ce texte n’est pas le plus accessible qu’il soit. A noter qu’il a été lu dans le cadre du challenge SFFF et Diversité du RSF Blog, mais que sa chronique a trop traîné pour qu’il compte, tant pis pour moi !

10 commentaires

  1. J’ai entendu parler de ce bouquin chez Lhisbei, la première fois. je ne suis pas sûre de me pencher dessus mais je trouve la thématique intéressante (et trop rare). Pour info il sort bientôt (mi-mars) en poche chez Le Livre de poche, en espérant que ça lui donne une diffusion plus large !

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