Seul sur Mars, Andy Weir

Mark Watney est l’un des six astronautes de  la mission Arès 3, soit la troisième mission habitée sur Mars. Sauf qu’à la suite d’une tempête particulièrement, et d’une blessure importante (une antenne de communication dans la poitrine, ça fait mal), notre héros est laissé pour mort sur la planète rouge.

L’ennui dans tout ça ? C’est que Mark est toujours en vie. Et que la prochaine mission habitée est prévue dans quatre ans, alors qu’il n’a que les réserves prévues pour 30 jours, pour six astronautes. Cependant, cet homme-là est plus du genre Mac Gyver qu’à abandonner devant une situation comme celle-ci, et décide de faire de son mieux pour survivre sur la planète hostile.

Son histoire nous est racontée à travers son journal de bord,  religieusement écrit dans l’espoir d’être retrouvé par les missions suivantes. Au départ, l’aspect scientifique peut être un peu rébarbatif. Mark est un ingénieur et botaniste, qui nous explique en détail ses aventures de petit chimiste, souvent extrêmement dangereuse. Mais heureusement pour le néophyte, Andy Weir écrit tout ça de manière à ce que ça reste compréhensible, même quand on a oublié la quasi-totalité de nos cours de chimie !

Face à cette planète hostile en tout point, notre astronaute va devoir rivaliser d’ingéniosité et affronter les problèmes les uns après les autres, le récit en devenant même un peu répétitif. Mars est superbement décrite, avec ces déserts flamboyants et surtout très agressifs. Une toute autre partie du récit évoque la Terre, et les réactions en comprenant que Mark Watney est en réalité vivant. S’ensuivra une formidable course contre la montre pour tenter de sauver l’astronaute.

Ce roman est très clairement un page-turner, qui se lit à une vitesse folle, malgré l’absence de suspens, puisque tout le monde se doute de la fin. C’est indéniablement prenant, alors que ce roman présente pourtant un défaut qui est souvent fatal chez moi : les personnages.

On ne connaîtra pratiquement rien de l’état d’esprit de Mark, à part un humour cynique, et une non-adhésion à la culture des années 70. Il nous est présenté comme “un chic type, solide”, et c’est à peu près tout. On s’en rend peut-être moins compte dans le récit qui est compté en “sol”, mais notre astronaute restera au final un an et demi seul, sur la planète rouge. Certes, les astronautes sont préparés à des situations extrêmes, mais pour ma part, il me paraît difficilement concevable d’en sortir sans séquelles psychologiques et physiques. Il est tout de même pendant de longs mois avec des chances de survie pratiquement inexistantes.

Les autres personnages sont esquissés en quelques lignes, autant dire absents. J’avais un espoir sur le reste de l’équipage d’Arès 3, mais l’auteur n’a pas choisi d’accentuer son roman là dessus.

Au final, Seul sur Mars est un roman prenant et sympathique à lire, mais dont l’absence d’empathie m’empêche d’en faire un vrai coup de coeur. Ceux et celles qui accordent moins d’importance à la psychologie l’apprécieront sans doute plus que moi ! A noter qu’il est adapté au cinéma par Ridley Scott, et sortira en octobre 2015 en France, avec Matt Damon dans le rôle principal.

D’autres avis chez les blogopotes ici : Gromovar, Lorhkan, yogo, Blogolivre, Herbefol, Lune.

4 commentaires

  1. C’est du MacGyver dans l’espace, et qui se soucie de l’état d’esprit de MacGyver, hein ? 😀 On veut juste qu’il bricole des trucs de fou avec trois fois rien. Là c’est pareil.
    Bon, sur 400 pages, on aurait pu s’attendre à un développement psychologique plus prononcé, mais ce n’est pas le parti de l’auteur… C’est du roman-catastrophe avec un suspense bien mené. Ça fait le job, et j’ai du coup hâte de voir le résultat au cinéma. 😉

    1. Je suis d’accord, ça fait le job ! Après, c’est juste que bon, perso, j’aime bien le côté psychologique et des personnages travaillés dans les romans, mais ça ne m’empêchera pas d’aller voir le film, trop curieuse de voir ce que ça rendra au ciné !

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