Planetfall d’Emma Newman

Planetfall est un roman qui a fait pas mal de bruit lors de sa sortie chez mes confrères blogueurs, et que je m’étais donc promis de lire un jour (lointain). Cependant, le challenge ABC Littératures de l’Imaginaire avec ma contrainte spéciale autrices en a fait un candidat parfait. En route donc pour une colonie humaine !

Planetfall d'Emma Newman

Touchée par la grâce, Lee Suh-Mi a reçu la vision d’une planète lointaine, un éden où serait révélé aux hommes le secret de leur place dans l’Univers. Sa conviction est telle qu’elle a entraîné plusieurs centaines de fidèles dans ce voyage sans retour à la rencontre de leur créateur. Vingt-deux ans se sont écoulés depuis qu’ils sont arrivés là-bas et qu’ils ont établi leur colonie au pied d’une énigmatique structure extraterrestre, la Cité de Dieu, dans laquelle Lee Suh-Mi a disparu depuis lors.
Ingénieur impliquée dans le projet depuis son origine, Renata Ghali est la dépositaire d’un terrible secret sur lequel repose le fragile équilibre de la colonie, qui pourrait voler en éclats avec l’entrée en scène d’un nouveau membre, un homme qui ressemble étrangement à Suh-Mi, trop jeune pour faire partie de la première génération de colons…

Le roman d’Emma Newman est clairement étrange, qu’on se le dise. Le résumé parle d’une planète lointaine et de colonisation, mais n’attendez pas pour autant un planet-opéra classique. Lee Suh-Mi a eu une révélation lors d’un coma : les coordonnées d’une planète où se trouverait la Cité de Dieu. C’est donc une toute petite troupe qui s’est envolée dans l’univers pour s’installer sur cette nouvelle planète, et Lee Suh-Mi est d’ailleurs toujours dans cette fameuse cité, transmettant seulement une fois par an une vision aux colons.

La colonie établie par les humains semble fragile : on sait qu’il y a eu un terrible accident à leur arrivée et que leur petite société est concentrée à un seul endroit, près de la fameuse Cité de Dieu, dont on ne sait pas grand chose. Le récit commence réellement lors de l’apparition d’un jeune homme qui ressemble à leur prophète disparue…

Les habitants communiquent grâce à un implant, par une sorte de télépathie, et le recyclage est poussé à l’extrême puisqu’ici, absolument tout est recyclé. Planetfall est écrit à la première personne, et nous allons suivre plus particulièrement Renata, une femme âgée de couleur, bisexuelle, et technicienne qui a la charge d’entretenir et de réparer toutes les imprimantes 3D.  Nous apprendrons au fil du récit qu’elle fait partie des colons originels, et qu’elle aimait Lee Suh-Mi, mais surtout, mais qu’elle connaît de lourds secrets de l’histoire de la colonie.

Ceux et celles qui recherchent un roman d’action, rebroussez votre chemin. Emma Newman nous offre le récit d’une descente aux enfers, celle de Renata, qui peu à peu perd pied sous nos yeux. Cette dernière souffre d’un toc qui l’empêche de jeter quoi que ce soit et a transformé son habitat en une véritable décharge, abattue par le poids de ses secrets. La religion et la croyance en une vie extraterrestre ont aussi une place importante dans ce roman, puisque que c’est l’objet de la quête des colons.

Planetfall évoque aussi quelques problématiques de la vie en communauté : quid de la vie privée ? Après tout, le toc de Renata ne fait-il pas de mal qu’à elle-même ?

Vous l’aurez sans doute compris à travers ma chronique, Planetfall a été un coup de coeur pour moi, mais il est pourtant difficile à conseiller tant il s’axe sur l’introspection et sur le personnage de Renata. Certain.e.s apprécieront, d’autres pas, mais si vous souhaitez un roman calme, bien loin de l’aventure qui déroule à tout allure, celui d’Emma Newman est peut-être pour vous.

D’autres avis : Blackwolf, Lianne, Celindanaé, Elessar

Chronique écrite dans le cadre du challenge ABC Littératures de l’Imaginaire organisé par MarieJuliet, et me permet de compléter la lettre N de Newman. Retrouvez mon billet d’inscription à ce challenge ici !

8 commentaires

  1. Je l’avais déjà repéré, et plus le temps passe, plus je pense qu’il pourrait bien être un coup de coeur pour moi aussi. Le mieux à faire, c’est de vérifier cette hypothèse, ou devrais-je plutôt dire ce pressentiment, et le plus vite possible 😉

  2. C’est vrai que j’ai l’impression d’en avoir entendu dire du bien sur la blogo. Je ne pense pas que ce soit trop à mon goût mais ce que tu en dis est très intéressant.

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